3 INTRODUCTION Chiffres et statistiques concernant l’usage de l’Internet ne sont pas disponibles au Liban. Il faut les extorquer aux fournisseurs d’accès Internet (ISP1), aux services étati- ques, et les compléter par des informations qui circulent sur le réseau ou qui sont présentées lors de colloques et de séminaires. Quant à l’information sur l’infrastructure du réseau, elle existe bel et bien mais de manière fragmen- taire chez les fonctionnaires du MPT2. Le temps de faire le tour des différentes sources et de recoller les morceaux récoltés, l’information est déjà périmée et tout est à re- commencer ! L’objectif que nous nous étions fixé n’était donc pas si facile à atteindre. Pour collecter l’information requise, nous avons utilisé l’outil informatique pour re- cueillir ce qui était disponible sur le réseau, et ensuite nous avons contacté quelques ISP pour compléter ou vérifier certaines données. Malgré toutes nos précautions, nous risquons de présenter des informations dépassées, ou même caduques, en raison des changements rapides dans ce sec- teur. Ainsi, lorsque nous avons commencé la vérification de la liste des ISP installés au Liban, liste que nous avons obtenue du MPT en juin 2000 (l’information est datée de juin 1999), nous avons rapidement constaté que le tiers de ces ISP avaient disparu ou avaient été achetés par d’autres partenaires  locaux  ou  internationaux  (Lynx,  Intracom, Newcom, Magna Group, PSI, etc.). D’autres utilisent dé- sormais des marques qui ne se conforment pas aux noms commerciaux enregistrés au MPT (Transmog, Networking, NetLink, CederNet, etc.). Nous avons donc complété cette liste  par  les  résultats  de  nos  propres  recherches  sur  le réseau. Une partie de l’information sur l’infrastructure du ré- seau est devenue disponible récemment sur le site du MPT, après la constitution de la nouvelle équipe gouvernemen- tale à l’automne 2000. 1. HISTORIQUE DE L’INTERNET AU LIBAN : SON DÉBUT ET SON ÉVOLUTION Une étude de faisabilité sur les possibilités d’une con- nexion au réseau Internet, étude conduite par la « PC Sup- port Unit » de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) en septembre 1991, avait révélé un vide alarmant dans le domaine de la communication nationale et régionale, ainsi qu’une nécessité, pour l’université, de se connecter au ré- seau mondial malgré les handicaps techniques et finan- ciers imposés par l’état déplorable de l’infrastructure des télécommunications libanaises à l’époque. Le 26 octobre 1991, le projet de connexion de l’AUB au réseau mondial a été lancé, mais ce n’est que le 23 décembre 1993 que le Liban est entré dans la communauté mondiale de l’Internet. Entre ces deux dates, l’équipe travaillant sur le projet a dû surmonter plusieurs obstacles d’ordres techniques et ad- ministratifs,  y  compris  l’obtention  des  4  adresses  IP3 classe C4  (une  demande  antérieure  d’une  adresse  IP classe B ayant été rejetée par le NIC5 et la NSF6 ), l’éta- blissement de la connexion physique avec Fnet7 via un lien  X.25  loué  au  MPT,  et  finalement  la  création  du domaine « lb » et l’installation des serveurs DNS8. Depuis 1994, la même équipe met en œuvre un autre projet ambitieux, la création au Liban d’un réseau natio- nal des universités et de recherche sous le nom « Lebanese Academic & Research Network » (LARN). Toute institu- tion académique ou de recherche installée au Liban est susceptible de rejoindre ce programme. Pour faire partie du réseau et opérer un nœud LARN, l’institution concer- née doit faire une demande d’adhésion et remplir les con- ditions  de  base,  qu’il  s’agisse  des  communications,  de l’équipement informatique ou de la formation du person- nel. Tous  les  membres  de  LARN  font  partie  du  sous- domaine « edu.lb ». À ses débuts, LARN comptait moins de dix membres mais en avril 2000 ils étaient déjà plus de soixante-dix. Un  an  après  la  connexion  de  l’AUB,  le  fournisseur d’accès Data Management 9 offrait aux individus et entre- prises libanaises un accès à l’Internet. Au départ, la con- nexion de Data Management au réseau mondial en 1995 était à faible débit mais, très vite, une autre connexion, de 64 kbps par satellite, a permis d’augmenter considérable- ment les flux. D’autres ISP (IncoNet, Cyberia, Sodetel et DataNet) ont suivi en offrant des services compétitifs et en baissant les prix. 1 - De l’anglais Internet Service Provider, expression utilisée fréquem- ment au Liban. 2 - Ministère libanais des Postes et des Télécommunications. 3  - Adresse affectée à chaque station connectée sur l’Internet et plus généralement à tout équipement informatique qui utilise le protocole TCP/IP. Elle est formée de 4 octets notés sous forme décimale, séparés par des points. Par exemple : 129.88.55.20, 193.53.53.42. 4 - Désigne certaines adresses de réseaux IP dont le premier octet est compris entre 192 et 222 et dont la partie adresse de réseau est consti- tuée des 3 premiers octets. Exemple : 193.55.55.0. ÉTUDE GÉNÉRALE DE L’INTERNET AU LIBAN Mohamad TAHA 5 - Network Information Center : l’organisme qui attribue la plage des numéros IP pour un domaine donné. 6 - National Science Foundation. 7 - Association loi 1901 réunissant au départ des centres de recherche en informatique en France et offrant des services de messagerie et de diffu- sion des news, hébergé par le CNAM puis par l’INRIA. 8 - Domain Name Server : c’est un serveur qui à partir d’une adresse de la forme « nom.domaine.organisation » sait indiquer l’adresse IP (qui seule est comprise par les ordinateurs). 9 - Société libanaise partenaire de British Telecom et affiliée à Netscape.